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Histoire
du
cyclisme...

Jean Bobet : "Jean Leulliot a été sauvé par
les journalistes sportifs"
L'an dernier, Jean Bobet a publié un livre consacré au cyclisme
sous l'Occupation de juin 1940 à août 1944. Une période souvent
oubliée dans les rétrospectives consacrées au cyclisme. Jean
Bobet revient sur son ouvrage.
Propos recueillis par Dominique Turgis
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire un livre sur le
cyclisme pendant l'Occupation ?
Jean Bobet : C'est une étrange histoire. Au départ, je voulais
faire un roman, une fiction. J'avais trouvé de belles histoires
avec des concordances. J'avais même écrit 50 pages. Mais j'aurais
dû tripatouiller les dates pour que le livre se tienne. L'ancien
journaliste que je suis ne le pouvait pas.
Comment avez-vous collecté les témoignages ?
Je suis président de l'Amicale du cyclisme qui regroupe 720
anciens coureurs cyclistes (pas tous d'anciens pros). A ce titre,
je rencontre beaucoup d'anciens qui ont couru pendant ces
années-là comme Emile Idée et Victor Cosson. J'ai même couru avec
Emile Idée.
J'ai eu l'idée de faire parler ensemble Cosson et Idée. C'est là
que ce dernier raconte comment Jean Leulliot l'a menacé de lui
envoyer la Gestapo s'il ne participait pas au Circuit de France
qu'il organisait en 1942. Je lui ai fait répéter pour voir si
j'avais bien compris. Victor Cosson l'a regardé interloqué, il
n'était pas au courant. Dans ma tête, ça a fait tilt !
LEULLIOT SAUVE DU PELOTON PAR SES
CONFRÈRES
Comment expliquez-vous que cette histoire soit restée inconnue
après-guerre ?
Pendant la guerre, personne ne voulait se faire remarquer en
parlant trop. En plus certains coureurs étaient en fraude par
rapport au S.T.O. même si leurs papiers étaient en règle.
Qu'est-il arrivé à Jean Leulliot à la Libération ?
Jean Leulliot a eu un procès. A son procès, toute la presse
sportive est venue témoigner en sa faveur, même Jacques Goddet qui
était pourtant sévère avec lui. Jacques Marchand m'a dit que pour
lui, c'était un exemple unique de solidarité dans la presse.
Comment expliquez-vous le voile pudique jeté sur cette période
de l'histoire du vélo ?
Moi-même en travaillant sur ce livre, j'ai appris beaucoup de
choses. Pendant les années 50, même la presse communiste qui était
encore forte avec "Ce Soir" où écrivait Pierre Chany, cette
presse communiste ne disait rien là-dessus. Nous ne savions pas
que Jean Leulliot avait organisé le Circuit de France en 1942.
La période de reconstruction, la joie et l'enthousiasme qui
allaient avec, ont pris le dessus. L'Epuration s'est éteint très
rapidement.
Si vous aviez appris l'attitude de Jean Leulliot est-ce que
cela aurait changé vos relations avec lui ?
Oui, cela aurait changé des choses. Nous étions gaullistes dans la
famille. Jean Leulliot, je le connaissais bien après-guerre.
C'était un ami. Mais, à sa décharge, c'est trop facile de juger 60
ans plus tard. Intellectuellement, c'est malhonnête.
Je pense sincèrement que Jean Leulliot n'était pas pro-Allemands.
C'était avant tout un passionné de vélo. Quand il a repris
Paris-Nice après-guerre, c'était avec des bouts de ficelles, comme
pour son Circuit de France. En 1952, dans Paris-Côte d'Azur, la
deuxième étape Pougues les Eaux-Annonay est annoncée à 245 km. Au
ravitaillement à St Etienne, les directeurs sportifs nous
préviennent qu'il y a finalement 45 km de plus.
JACQUES GODDET ET LE VEL' D'HIV'
Si Jacques Goddet avait organisé son G.P du Tour de France en
1943 pour faire comme Jean Leulliot, aurait-il commis une erreur
?
Il était harcelé par la Propaganda Staffel pour organiser le Tour
de France. C'est sa plus grande résistance de ne pas succomber à
ce harcèlement.
Sa plus grande souffrance restera jusqu'à sa mort la Rafle du Vel'
d'Hiv' dont il était actionnaire. Il n'était pas prévenu. Le
concierge lui a dit que les petites portes sur les côtés étaient
barricadées, ils ne pouvaient pas les ouvrir. C'était la plus
grande salle disponible sur Paris et, pour toujours, cela
s'appellera la Rafle du Vel' d'Hiv'.
"Le vélo à l'heure allemande" par Jean Bobet, éditions La Table
ronde
TRAVAIL SUR LES ARCHIVES
Quels autres coureurs avez-vous interrogés ?
Albert Bourlon par exemple. Il est toujours magnifique, d'une
grande sincérité. Il a toujours sa carte du Parti Communiste. Il
m'a raconté ses évasions. Pour le premier Tour de France
d'après-guerre, Albert Bourlon gagne une étape après la plus
longue échappée de l'histoire du Tour. Et bien, la presse de
l'époque que j'ai consultée fait à peine allusion à ses évasions !
Après ce Tour 47, Albert Bourlon n'a jamais été sélectionné en
équipe de France. Il reste persuadé, encore aujourd'hui, qu'il n'a
jamais été sélectionné à cause de sa carte au PCF. J'ai bien connu
Jacques Goddet et je suis sûr que ce n'était pas la raison.
Pour mon travail sur ce livre, j'ai aussi beaucoup travaillé sur
les archives, les journaux d'époque. J'ai aussi consulté le
travail fabuleux de Pierre Weecxsteen et Frédéric Girard qui ont
collecté les résultats des années de guerre.
Avez-vous essuyé des refus ?
Non, aucun. Par contre, certains n'avaient retenu de cette époque
qu'une bonne place à Paris-Vailly sur Sauldre. Je me suis surtout
intéressé aux personnages attachants comme Guillaume Mercader par
exemple.
LA SEULE DISTRACTION GRATUITE
Vous qui étiez tout jeune à l'époque, quels souvenirs avez-vous
du cyclisme sous l'Occupation ?
A partir de 1943, Louison, mon frère, a pris sa première licence.
Nous sommes tous allés à vélo le voir courir le 1er Pas Dunlop à
Bédée, à 25 km de St Méen. Louison avait pris sa licence au tout
nouveau Cyclo-Club rennais mais il avait un maillot de la marque
de cycles "Stella". Son président de club était furieux, pour le
Dunlop la publicité était interdite sur les maillots. Humiliation
pour Louison, il a dû courir avec le maillot du club de foot
local.
Quelle était l'envergure du cyclisme breton à l'époque ?
Il était surtout local. Il ne dépassait pas les limites du
département car il fallait faire l'aller-retour à vélo. Jean
Fontenay et Eloi Tassin continuaient de courir. Il y avait une
activité soutenue car chaque commune organisait une fête, la
kermesse paroissiale en faveur des prisonniers de guerre. Dans ces
kermesses, il y avait toujours une course de vélo. Il faut
rappeler que c'était la seule distraction gratuite de l'époque.
LES COUREURS FAITS POUR LE SYSTÈME "D"
Dans votre livre, vous racontez comment des courses sont encore
organisées à Paris juste avant l'arrivée des Allemands en 1940
et juste avant la Libération de Paris. Est-ce que ça vous
trouble ?
C'est comme ça. On a l'impression que les gens ignorent tout. A
l'époque, les moyens de communication et d'information ne sont pas
ceux d'aujourd'hui. De plus, les gens vivaient au jour le jour.
Quand on lit la presse de 40 à 44, la seule question est : "Qu'est-ce
qu'on bouffe demain ?" Marcel Hansenne, [NDLR : coureur à
pied et futur journaliste à L'Equipe] m'a dit : "A cette
époque, j'étais vraiment amateur, je courais pour du beurre".
Les coureurs se servaient des courses pour aller se ravitailler
?
Les coureurs, par nature, et non par atavisme, sont doués pour le
"Système D". Ce sont des gens qui connaissent toutes les ficelles.
Il y a toujours un copain qui connaît un copain qui connaît untel.
Il faut noter qu'il n'y a eu aucun exemple de dénonciation d'un
coureur par un autre coureur.
Quel est votre sentiment quand la municipalité de Grenoble
débaptise le stade Charles Berty ?
Cela fait mal. Je ne suis pas favorable aux noms de sportifs
donnés aux rues ou au stade car un jour ou l'autre, il faut
débaptiser ces rues. La gloire sportive est éphémère même si je
suis heureux de voir toutes ces rues au nom de Louison. Dans le
cas de Charles Berty, c'est le résistant qui était honoré.
Quel sera votre prochain livre ?
Enfin, j'essaie de me lancer dans une fiction sous la forme d'un
recueil de nouvelles.
"Le vélo à l'heure allemande" par Jean Bobet, éditions La Table
ronde
Le cyclisme a payé un lourd tribut à
l'effroyable boucherie que fut la guerre 1914-1918.
Lorsqu'on évoque cette funeste période, la France cycliste pense
tout de suite à Lucien Petit-Breton, François Faber ou Octave
Lapize, 3 anciens vainqueurs de la Grande Boucle mais ce sont près
d'un millier de coureurs, connus ou non, pros ou amateurs,
routiers ou pistards, bien souvent les deux à la fois, qui firent
le sacrifice de leur vie.
Ce n'est toutefois pas par un français que nous commencerons cette
évocation mais par le grand champion belge Marcel Kerff (6ème du
Tour de France 1903), assassiné (c'est le terme juste) par
l'envahisseur teuton dès le 7 août 1914 sous le fallacieux
prétexte "d'espionnage" et cette politique de terreur vis-à-vis de
la population civile était délibérée en ce début de conflit mais
ces crimes de guerre seront vite poussés sous le tapis.
Parmi les pistards, citons entre autres Marius Thé, routier autant
que pistard, Emile Maitrot, champion du Monde de Vitesse Amateurs
en 1901, Léon Flameng, champion olympique en 1896 à Athènes,
victime d'une chute d'avion dans les tous premiers jours de 1917,
Paul Rugère, coureur cycliste puis pilote automobile et aviateur
ou encore Emile Quaissard, disparu au cours d'un combat aérien
dans les lignes allemandes ou le si prometteur Albert Tournié sans
oublier le grand Emile Friol, double champion du Monde,
stupidement disparu dans un accident de moto en novembre 1916. Que
dire alors du triple champion du Monde de demi-fond Georges
Parent, plusieurs fois blessé et décoré qui mourut... de la grippe
espagnole 3 semaines avant l'Armistice ! Bien d'autres coureurs,
hélàs ! seront les victimes de la terrible pandémie.
Contrairement à une légende tenace, Léon Comès et Léon Hourlier ne
sont pas morts au cours ou après un combat aérien. Ils sont
décédés des suites de la chute de leur avion près de Cuperly alors
qu'ils allaient rendre visite au boxeur Georges Carpentier,
lui-même mobilisé dans l'Aviation à peu de distance des 2
beaux-frères. Plusieurs hypothèses furent avancées sur les causes
de l'accident et la rupture brutale de l'hélice demeure la plus
vraisemblable mais aucun avion ennemi n'y fut pour quelque chose !
Les routiers payèrent eux aussi le terrible impôt du sang : outre
Petit-Breton, Faber et Lapize, bien d'autres forçats de la route
allongèrent encore ce sinistre inventaire : le futur "grand"
Frank-Henry dont un pathétique témoignage de son sacrifice suprême
nous parviendra par compagnons de tranchées interposés, Francis Le
Bars, le jeune frère d'Alfred, Anselme Mazan, le frère de Lucien
Petit-Breton, tué au Bois de la Gruerie en juin 1915, l'excellent
amateur Albert Grandblaise, tombé quelques jours plus tard dans le
Pas-de-Calais, le très bon indépendant René Michel, tué en
septembre pendant la 1ère bataille de Champagne. Arthur Laye,
Damase-Ferdinand Faucher, Louis Goetz, Richard Pesseau,
François-Antoine Poch, Auguste Lépine, Camille Champey ou encore
Pierre-Edouard Tesyssier, tous valeureux coureurs de
Bordeaux-Paris et tant d'autres qu'il est impossible de nommer
tous...
Le Tour de France eut, lui aussi, sa part dans la tourmente :
outre les 3 vainqueurs cités ci-dessus, ce sont près de 60
coureurs, bien souvent de modestes touristes-routiers qui
écrivirent en lettres de feu et de sang cette page glorieuse de
Notre Histoire. On ne peut tous les citer dans ce simple article
mémoriel. Rappelons-en tout de même quelques-uns. Si on excepte le
cas particulier de Marcel Kerff, les premiers décès de coureurs du
Tour de France sont survenus ce terrible 22 août 1914 qui demeure
à ce jour la journée la plus meurtrière de l'Histoire des Armées
Françaises, toutes guerres confondues. De Rossignol à Charleroi et
maints autres lieux, 27000 morts ensanglantèrent à jamais ce qu'on
a appelé la "bataille des frontières" et avec 10000 morts, les
allemands n'étaient pas eux-mêmes certains de leur victoire... Il
n'appartient pas à cet article d'analyser les raisons d'un tel
carnage mais de ce massacre, Philippe Cordier, Gabriel Matonnat et
Auguste Mézière seront du nombre. D'autres suivront très bientôt :
Alexandre Chauvière, Emile Engel, Marceau Narcy disparaitront
pendant la bataille de la Marne. Albert Cartigny, Félix Pregnac,
Edmond Heliot, le haut-savoyard Jean Perreard, Maurice Petit,
Charles Privas, dont le corps ne sera jamais retrouvé, François
Marcastel, météorique participant du Tour 1904 dans les semaines
suivantes, sinistre année 1914 achevée avec Antony Wattelier, le
frère d'Edouard, tué devant l'ennemi le 31 décembre. Frédéric
Rigaux est tué en mars 1915 à Vauquois, autre tragique lieu de
bataille tandis que René Etien meurt des suites de ses blessures
sur le Front Oriental pendant la bataille de Gallipolli.
Pierre-Gonzague Privat, 11ème du Tour 1907, qui deviendra un
affichiste et caricaturiste de grand talent meurt de ses blessures
deux jours après la chute de Hourlier et de Comès.
La bataille de Verdun commence le 21 février 1916. Dès le 27,
Ernest Haillotte disparaît tout comme Armand Perin, participant du
1er Tour de France en 1903, fin octobre alors que la victoire se
dessinait. René Cottrel est tué le 5 novembre au Fort de Vaux.
Marius Villette disparaît sur la Somme le 11 octobre. N'oublions
pas non plus Henri Alavoine, le frère du "gars Jean", victime
d'une chute d'avion ou encore François Lafourcade, qui sera
l'objet d'une accusation posthume au sujet de l'empoisonnement
(affaire jamais élucidée) dont fut victime Paul Duboc dans le Tour
1911.
L'année 1918 verra la disparition de Georges Bronchard, la
lanterne rouge du Tour 1906, mort dans l'ambulance qui le ramenait
vers l'arrière, celle du bel espoir Pierre Vugé, le plus doué
d'une grande fratrie de coureurs cyclistes dont 2 autres
disparaitront eux aussi dans la tourmente. Evoquons la mémoire de
Camille Fily, benjamin, pour longtemps encore (sans nul doute) de
tous les participants de l'Histoire du Tour de France, mort au
Mont Kemmel en Belgique en mai 1918. Son frère aîné, Georges
"Henri", coureur également, était déjà "Mort pour la France" le 4
mai 1916 à Verdun.
On pourrait continuer d'égrener cette pénible liste des "Tour de
France" morts pour la Patrie mais comment ne pas terminer ce
modeste hommage par deux grandes figures du sport français qui
furent, peu de temps il est vrai, mais connurent la notoriété dans
d'autres disciplines : Georges Boillot, qui gagna 60 des 65
courses cyclistes qu'il disputa, devenu au moment du conflit l'un
des meilleurs, sinon le meilleur, pilotes automobiles du monde,
tué dans un combat aérien le 19 mai 1916 à proximité de Verdun.
L'ultime grande figure de ces héros de chez nous est Roland
Garros, sportif ô combien éclectique, et qui fut Champion de
France Scolaire et Universitaire de Cyclisme en 1906. Il fut
abattu avec son avion le 5 octobre 1918 à Vouziers où l'on peut
encore voir sa tombe.
Côté germanique, si la liste des cyclistes tués au Front apparaît
plus courte, cela semble avoir tenu du moins dans un premier
temps, à une politique délibérée de l'Etat-Major allemand qui
n'envoya que parcimonieusement ses athlètes célèbres au feu,
contrairement aux Alliés. Parmi les cyclistes allemands tués au
combat, citons les routiers George Grosskopf, Arno Brunner,
Hermann Kripp, l'excellent amateur Thedor Menne ou encore Johann
Wedde et Paul Bruns mais le plus connu des routiers germaniques
demeure sans doute Josef Rieder, participant aux Jeux Olympiques
1912, passé pro l'année suivante où il gagnera le Tour de
Wurtemberg. Les véritables vedettes du cyclisme allemand
concernaient la piste, discipline extrêmement populaire
Outre-Rhin. Les compétitions sur les vélodromes drainaient des
foules considérables. De ce côté-ci du Rhin beaucoup de noms de
ces coureurs sont aujourd'hui sortis des mémoires, en Allemagne,
ils étaient d'authentiques célébrités comme pouvaient l'être chez
nous un Jean Bouin ou un Georges Carpentier par exemple...
Citons-en quelques-uns : le grand stayer Willy Honeman, tué le
jour même de l'accident de Hourlier et de Comès. Paul Lüders, tué
à Verdun dans les tous premiers jours de la bataille, Fritz Finn,
Albert Ritzenthaler, né à Colmar, alors allemand, tué en Pologne à
bord de son nouvel avion en juin 1916. Citons encore Bruno Demke
et Alexander Benschek, disparus tous deux en août 1916. Cette même
année 1916 verra disparaître le 14 avril Ludwig Opel, le plus
jeune des 5 frères dont la famille n'avait pas encore été anoblie
et qui, avant de fonder la dynastie automobile que l'on connaît,
furent tous coureurs cyclistes. Souvenons-nous aussi d'un très bon
stayer de l'époque : Jacob Esser, mort en juillet 1917 tandis que
1918 verra, entre autres, la disparition de l'excellent
routier-pistard Paul Schulze ainsi que celle d'Albert Eickholl,
décédé à l'hôpital de Düsseldorf des suites de ses blessures de
guerre.
D'autres pays eurent leurs martyrs cyclistes. En Italie, le plus
connu fut Carlo Oriani, vainqueur du Giro 1913, emporté par une
pneumonie contractée après qu'il eut plongé dans les eaux glacées
du Tagliamento pour sauver un de ses camarades qui était en train
de se noyer.
Une étude exhaustive de cette effroyable période et des sacrifices
qu'elle exigea couvrirait plusieurs volumes. Observons que le
cyclisme n'est pas le sport qui a payé le plus lourd tribut à la
Grande Guerre. Le football et encore plus le rugby viennent
largement en tête de ce sanglant bilan.
Un article d'Eric Dubois
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